Relation entre l’eau et l’architecture… où en sommes-nous ?


S’il est un élément déterminant de la vie et de l’implantation humaine, c’est bien l’eau… vitale, attirante ou redoutée, elle accompagne l’histoire de l’humanité.  Où en sommes-nous ?


Pour tenter d’engager le débat, le CAUE de Haute-Savoie a conçu et réalisé l’exposition « Franchir la berge », en partenariat avec
la ville d’Aix-les-Bains, la CUB (Fondation pour la culture du bâti à Lausanne) et les CAUE de l’Isère, de Rhône Métropole et de Savoie.

 

 

Après Annecy et Aix-les-Bains, cette exposition itinérante a été inaugurée le 22 mai 2019 à Grenoble dans la galerie de la Plateforme (place de Verdun). Une visite guidée a été réalisée par Dominique Amouroux, commissaire de l’exposition critique et historien de l’architecture du XXe siècle. Le CAUE de l’Isère a été invité à compléter le panorama international développé dans l’exposition par un module présentant différentes réalisations contemporaines iséroises.

Le territoire du département de l’Isère est historiquement marqué par le régime torrentiel des cours d’eau qui le traversent puis par la confluence grenobloise des deux rivières de montagne majeures, l’Isère et le Drac. Les légendes témoignent des rapports douloureux avec les éléments naturels décuplés par la puissance des massifs qui irriguent, au fil des saisons, le territoire « des gens d’en bas ». Elles expliquent la distance toujours maintenue entre berges et habitat bien que des générations successives se soient astreintes à apaiser les risques. Pour cela, elles ont dressé les falaises de béton des barrages, tissé les réseaux des conduites forcées, élevé les digues. Cette relation permanente en forme de rapports de force entre l’eau et l’Homme est aux antipodes de la contemplation romantique développée dans certains territoires voisins.

S’observent donc ici des logiques d’implantation des édifices traduisant une relation de méfiance envers le risque aquatique et de peur face aux catastrophes potentielles. En découlent des architectures aux thématiques plutôt défensives : se protéger, s’adosser, se reculer, s’élever… Quatre attitudes radicalement différentes de celles observées par l’exposition que nous accueillions, centrée sur la problématique d’une relation aux eaux apaisées des lacs.

Enrichies d’exemples locaux, ce sont finalement huit thématiques qui sont proposées aux visiteurs. Huit prismes d’observations qui recouvrent bien la diversité des relations apaisées ou tumultueuses que les Hommes de l’arc alpin entretiennent avec cet élément vital.

Ces huit thèmes architecturaux enrichissent la lecture des spécificités de notre environnement bâti. Celle-ci est d’autant plus passionnante qu’à présent le désir de contemplation pousse l’habitat à s’élever au plus près des cours d’eau grenoblois, que des exemples lointains fertilisent l’imaginaire des citadins toujours en quête de nouveauté, d’inattendu, d’espaces à conquérir… alors que les réglementations renforcent la prévention des risques et que la gestion de la biodiversité impose une attention extrême aux milieux. Mais, vivre n’est-ce pas être pris entre des polarités contradictoires ?

Nous vous invitons à découvrir cette exposition stimulante, ouverte jusqu’au 27 juillet 2019, du mercredi au samedi de 13 h à 19 h (sauf jours fériés).

 

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