Débat sur l’habitat en Trièves : quelles réponses imaginer pour demain ?

Situation du logement, habitat intermédiaire et habitat participatif étaient à l’ordre du jour de l’atelier du 29 novembre 2018, organisé par la Communauté de Communes du Trièves.

A l’occasion d’un atelier destiné aux élus du Trièves, la Communauté de Communes a souhaité faire le point sur la situation du logement. Elle a invité le CAUE à présenter les spécificités de l’habitat intermédiaire puis a demandé à l’association « Les Habiles » de préciser les enjeux et atouts de l’habitat participatif.

Avec 27 communes pour environ 10 000 habitants et une géographie singulière, le Trièves présente une situation particulière et contrastée en termes de logement et de population. Son parc de 8 000 logements (dont 161 logements communaux) est composé pour 58 % de résidences principales, 35 % de résidences secondaires et 7 % de logements vacants, mais il s’agit d’un parc ancien (35 % des résidences principales construites avant 1946) dont la vétusté s’accroît et qui ne répond pas aux aspirations actuelles des candidats au logement.

La demande en logements locatifs est importante (130 demandes de logements sociaux en 2017, dont 75 nouvelles). Le parc locatif public est en décroissance et les demandes de logement social se situent surtout sur les bourgs-centres (Monestier de Clermont, Clelles et Mens).

Du point de vue de la démographie, le Trièves connait un ralentissement des naissances (le solde naturel est faible, voire négatif sur de nombreuses communes). L’installation croissante de retraités se traduit par un vieillissement de la population. On constate un desserrement des ménages avec une majorité de petits ménages (33 % des occupants des logements sociaux sont des personnes seules) et la majorité des personnes vivant seules (hors logements sociaux) ont plus de 65 ans. Par ailleurs, le territoire connait une précarisation croissante : plus de 74 % des ménages qui occupent le parc social sont au-dessous du plafond PLAI et seulement 32 % des occupants du logement social ont un emploi stable.

Ces constats soulèvent de nombreuses questions et font émerger de multiples enjeux pour la politique future du logement :

  • rééquilibrer le parc de logements en favorisant la remise sur le marché des logements vacants,
  • proposer des logements diversifiés adaptés aux besoins multiples de l’ensemble des habitants du territoire,
  • faciliter le parcours résidentiel de l’ensemble des ménages,
  • remédier à la vétusté croissante des logements et favoriser leur rénovation énergétique,
  • disposer d’une offre de logements permettant de faciliter l’installation d’une population jeune et leur parcours résidentiel pour soutenir l’activité économique locale, en lien avec la question des mobilités.

Face à ces enjeux, le CAUE a présenté les spécificités et les différents atouts de l’habitat intermédiaire dans un territoire rural et montagnard, soucieux de produire des logements de qualité, adaptés au contexte : compacité des formes bâties, faible consommation du foncier par rapport à l’habitat individuel, capacité à s’insérer dans le tissu urbain existant comme en extension urbaine, richesse des combinaisons permettant de répondre à la diversité des besoins du parcours résidentiel (de la personne âgée seule à la famille recomposée), diversité des formes architecturales, adaptabilité à la pente, générosité des surfaces de logements, valorisation des espaces extérieurs (privés et publics), etc.

Au-delà des qualités propres à l’habitat intermédiaire, le CAUE a insisté sur la nécessité d’une démarche d’accompagnement positive des élus (associant les services et les partenaires) afin de prendre en compte les éléments constitutifs du site dès les phases amont de concertation, pour garantir la réalisation d’opérations de qualité qui permettent de répondre mieux encore aux besoins locaux en terme d’habitat mais également en termes d’environnement, d’énergie, de qualité des paysages…

L’association Les Habiles a révélé les avantages de l’habitat participatif qui permet d’offrir un habitat adapté à chacun, de rendre les participants acteurs de leur habitat, de partager des services et de créer du lien social.
Cette présentation a également été l’occasion de rappeler les différents leviers à disposition des collectivités pour favoriser ce type d’habitat et sécuriser les démarches des futurs participants.

De nombreux échanges entre élus et intervenants ont ponctué les différentes thématiques présentées : difficulté d’accès au foncier pour les collectivités dont les moyens financiers régressent, grande difficulté à attirer les bailleurs sociaux sur le territoire et nécessité de réfléchir sur la cohérence des politiques en faveur du logement, de l’urbanisme, de l’emploi et des modes de déplacements.

Ce diaporama nécessite JavaScript.