Assemblée Générale du 2 avril 2019 : « Revitalisation des centres-bourgs : le besoin d’en parler »

Lors de sa dernière Assemblée générale du 2-avril 2019, le CAUE de l’Isère a décidé de profiter de ce temps fort de l’association pour organiser débat sur la question de la revitalisation des centres-bourgs. Cette thématique fait l’objet d’un des cinq axes structurants de l’action du CAUE, décidés par son conseil d’administration. Depuis deux ans, le CAUE anime, au niveau du département, un groupement partenarial, lequel réfléchit à des pistes méthodologiques d’intervention coordonnées à partir de cas pratiques.

 

Avec l’appui d’Alain Faure, politiste au sein du laboratoire Pacte (Sciences Po Grenoble), l’idée de tirer partie de la diversité du public a rapidement émergé. Au carrefour des multiples acteurs de l’aménagement, le CAUE attire lors de ses assemblées générales des participants divers : professionnels indépendants, salariés et fonctionnaires, élus, étudiants, représentants associatifs… Alors qu’au niveau national débattre devenait un sujet de débat en lui-même, Alain Faure a proposé, suite à son expérience de chercheur et d’animateur de temps d’échanges, la tenue d’un ‘’Grand débat des centres-bourgs’’, comme un clin d’oeil à l’actualité.

A rebours d’un échange léger et cocasse, le pari de ce moment singulier était justement de sortir des modes de débats traditionnels et relativement corsetés. Placer chaque participant sur un pied d’égalité, en partant du principe que chacun est légitime pour s’exprimer, fut le prérequis annoncé au début de ce débat. L’expertise d’usage, pilier de l’action du CAUE, a ainsi pu être mise en pratique concrètement en sollicitant les regards des membres de cette assemblée éclectique.

La tenue de ce débat fut particulièrement surprenante. Les interventions, interpellations, questionnements se succédèrent sans interruption pendant une heure trente. Des élus confiaient la difficulté de leur tâche, mais aussi les ambitions qu’ils conservaient pour le centre-bourg de leur commune. Des architectes, avertis ou étudiants, rendaient compte de leurs frustrations, mais aussi de leurs expériences encourageantes. Les chargés de mission du CAUE furent également appelés à faire part de leur ressenti, riche des projets qu’ils accompagnent au quotidien. Valérie Charollais, directrice de la Fédération nationale des CAUE, a pu faire part comme d’autres de ses espoirs pour des centres-bourgs vivants.

S’il n’y avait pas eu nécessité de mettre fin à ce temps d’échanges, il est certain que les dizaines d’interventions qui se sont succédées auraient pu durer encore longtemps. L’objectif n’était néanmoins pas d’épuiser le sujet, mais de montrer que loin de conceptions faciles et de solutions clé-en-main, la question de la revitalisation des centres-bourgs implique d’abord de réunir l’ensemble des acteurs de l’aménagement. Ces acteurs, divers par leur statut et leur légitimité d’intervention, ne partagent nécessairement ni la même culture de travail, ni les mêmes priorités.

Le pari d’en parler, c’est croire que malgré les différences de regards, l’objectif commun de revitalisation réunit les acteurs et les engage à s’ouvrir les uns aux autres. La densité des échanges lors de cet après-midi du 2 avril 2019 est la preuve qu’il y a urgence à se dire les choses, à poser les constats pour avancer. Comme l’a rappelé Alain Faure, « nous avons tous besoin de moments de thérapie collective pour sortir de la schizophrénie dans laquelle le quotidien nous plonge ».

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