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Conférence du 25/02/04
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L'exposition à Grenoble
 



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- La conférence de l'ambarrassadeur
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- La Rivière : Prix National arturbain.fr 2009
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- Des écoquartiers aux villages durables
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- Chanas : la nature au coeur
- En visite sur les espaces publics isérois : Saint André-en-Royans...

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- Opération cabanes
- L'urbanisme à l'école / Le développement durable

 

 

Le bois appartient à la tradition constructive du Vorarlberg

  

La construction passive

Conférence du 03/03/04


Le bois : de nouveaux métiers, une chance pour l’architecture ?

La construction en bois est de plus en plus plébiscitée pour la maison individuelle, les bâtiments publics ou commerciaux dans un département davantage marqué par la culture historique de la pierre, de la terre, puis du béton et du ciment.
Comment le secteur du bois est-il sorti de la crise des années 1990 au Vorarlberg ?
Qu’en est-il de la construction bois en Isère où les ressources sont considérables ?
La structuration de la filière professionnelle, la formation et l’évolution des métiers sont les thèmes traités par nos invités à travers leurs témoignages et expériences.

 
 
Matthias AMMANN
Si la situation peut paraître aujourd’hui exemplaire au Vorarlberg pour l’usage du bois dans la construction, il n’en a pas toujours été ainsi.
En crise face au béton jusqu’à la fin des années 90, les professionnels de la filière ont su s’organiser en mettant en place un véritable outil de lobbying à travers le Vorarlberger Holzbau Kunst dirigié par Matthias AMMANN. La réaction s’est opérée de manière progressive à partir de 1997, avec une série de mesures à court terme, pour que les entreprises puissent s’adapter aux évolutions. Grâce à une démarche incitative de concours et de prix, une approche alliant marketing et communication mais également de forts investissements en matière de formation, le chiffre d’affaire a augmenté de 100 %, les salariés de 15 % et les exportations de 50 % en quelques années. Aujourd’hui, l’impact de l’architecture est tel qu’on le ressent jusque dans la fréquentation touristique de ce land.
S’il est difficile de puiser des explications à cette réussite dans le contexte socio-culturel, en raison de la diversité des facteurs, Matthias AMMANN a rappelé quelques caractéristiques du Vorarlberg. Ce pays, traditionnellement conservateur, ce qui explique en partie la fronde des Baükunstler, est également le premier land à avoir des élus écologistes au Parlement. Ainsi, l’incompréhension des premiers temps s’est muée en une confiance et un soutien des maîtres d’ouvrage publics qui n’hésitent plus à s’engager dans des commandes exigeantes. Matthias AMMANN a également évoqué une tradition, ancienne et fortement ancrée, de l’usage du bois et de l’auto-construction dans les pratiques locales.
Néanmoins, les acteurs de la filière bois sont aujourd’hui conscients de la nécessité de confirmer ce redressement à un moment où les coûts des matériaux concurrents (béton, métal) ne cessent de baisser, que la concurrence se renforce au niveau européen, que des efforts restent à fournir en matière de formation.
  

Herbert BRUNNER
L’entreprise de charpente d’Herbert BRUNNER, qui emploie 15 personnes, et a remporté plusieurs concours d’architecture, a bénéficié directement de la communication et du lobbying mis en place par le Vorarlberger Holzbau Kunst. Elle exporte aujourd’hui 30% de sa production, majoritairement en Allemagne, en Europe centrale mais aussi au Japon.
Cet artisan illustre parfaitement l’état d’esprit qui règne au Vorarlberg : collaboration avec tous les acteurs de la chaîne de construction, dialogue avec les architectes, valorisation des matériaux locaux, prise en compte de l’environnement, professionnalisme et expérimentation.
Très soucieux de la consommation d’énergie, ses recherches tendent à améliorer encore le concept de Passiv Haus (maison passive), élaboré par Walter UNTERRAINER. En concentrant les efforts sur l’isolation et la ventilation de l’air, leur objectif est actuellement de diminuer la consommation électrique à 15 kWh/m2/an. A terme, on peut envisager des maisons sans autre source de chaleur que l’activité humaine.
Pour l’hôtel Schneggarei à Lech am Arlberg, récompensé par le Holzbau Preis 2003, son travail a consisté à exploiter l’intégralité des troncs d’arbres en accord avec le projet de Philip LUTZ. Le cœur de l’arbre est débité en planches et le pourtour est monté en clins sur la façade. Le matériau bois, très faiblement transformé et non traité, devient alors un extraordinaire revêtement extérieur, original et fonctionnel.
 
 
Patrick LAMBOUROUD
Représentant les professionnels de la filière bois en Isère, en tant que directeur de Créabois Isère, Patrick LAMBOUROUD a dressé un état des lieux contrasté de la situation locale. 
Isère                      Autriche
Occupation territoire       33 %                       47 %
Composition                   55% feuillus            45% résineux
                                     26% feuillus            74% résineux
Propriété                      Privée à 70%
 
L’éclatement des différents acteurs implique une nécessaire structuration qui s’accompagnera, selon lui, d’un phénomène de concentration, déjà amorcé, des entreprises. En effet, sur 63 scieries, 4 produisent à elles seules 20% des 185 000 m3 de sciage annuels. Si ce volume de production est presque constant sur les 30 dernières années, le nombre de scieries, lui, ne cesse de diminuer. Pour Patrick LAMBOUROUD, le lobbying, encore trop faible, devra permettre d’augmenter les parts de marché et d’améliorer l’image de la filière tant auprès des salariés que du grand public. Les objectifs sont nombreux : développer la fabrication de produits élaborés (panneaux bois reconstitués, lamellé-collé…), les exportations mais aussi attirer une main d’œuvre encore insuffisante. Néanmoins, les points positifs sont multiples et encourageants : un savoir-faire incontesté, une organisation professionnelle de plus en plus forte, des entreprises motrices (SDCC / J-C MATTIO), un contexte culturel favorable à l’utilisation du bois (intérêt pour l’écologie, norme Haute Qualité Environnementale…), des mesures politiques et institutionnelles favorables, l’implication des élus du Conseil Général comme à l’échelle locale, des projets à l’échelle d’un territoire (AOC pour le bois de Chartreuse), la signature de la première charte forestière départementale, une réglementation impliquant l’évolution des entreprises, une demande croissante des architectes…
 
 
Jean-Claude MATTIO
L’histoire et le parcours de Jean-Claude MATTIO (société SDCC), entre chantiers, bureau d’étude et gestion d’entreprise, illustrent la nécessité pour chaque corps de métier de savoir s’adapter et anticiper les évolutions. Si le matériau ne change pas, son traitement, les outils et techniques de production évoluent de plus en plus vite. Portrait d’un atelier de charpenterie haute technologie.
Le développement de sa société, qui emploie aujourd’hui 45 personnes, s’est réalisé sur une vingtaine d’années. Après une expérience de concentration et de coopération entre plusieurs sociétés autour d’un bureau d’étude, qui s’est heurtée à la crise du bâtiment, son entreprise s’est maintenant engagée sur la voie des nouvelles technologies. L’étape de la taille à commande numérique a été franchie en 2003, avec l’informatisation et la nécessaire formation à ces nouveaux outils. Il s’agit maintenant de rationaliser la fabrication des charpentes grâce aux techniques de pointes reliant bureau d’étude et atelier.
Ces technologies nouvelles autorisent des délais et des prix plus serrés et surtout un travail d’une précision inégalée. Ainsi, une meilleure préparation en atelier permet de développer la préfabrication et optimiser l’assemblage sur site. Les témoignages de nos invités autrichiens ont démontré à quel point ces nouvelles méthodes, en plus de diminuer les temps de chantiers, améliorent les conditions de travail. Elles permettent également de développer les exportations, en acheminant des constructions en kit, prêtes à assembler.
Pour relever ce challenge, les professionnels devront faire preuve de souplesse tout en évitant le danger d’une perte de contact avec la matière, raison d’être de ces métiers. La question de la formation, initiale ou continue, est alors essentielle pour accompagner ces évolutions.
 

Denis GREZES
Denis Grezes, architecte ingénieur responsable de la formation aux Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, a présenté les caractéristiques de ce lieu de formation et de recherche appliquée uniques en France .
Cet atelier des écoles a pour ambition de décloisonner les pratiques, en mixant et croisant les disciplines entre artisans, architectes, ingénieurs et artistes. Les Grands Ateliers se sont constitués autour de 6 écoles d’architecture, 3 écoles d’art, 2 écoles d’ingénieur et 1 centre de recherche.
Plusieurs des convictions qui ont donné lieu à cet organisme vont dans le sens des résultats obtenus par les acteurs autrichiens de la construction :
  • une approche sensible de la matière afin de comprendre et respecter son extraordinaire variété : manipulation, construction à l’échelle 1 
  • une approche interdisciplinaire : travail en groupe au-delà des disciplines et des différents métiers
  • une culture de l’expérimentation et de l’innovation
Ce véritable laboratoire ouvre la voie à une nouvelle philosophie de l’enseignement de la construction. Les résultats de cette démarche, initiée en 2002, ne tarderont pas à se faire sentir sur les pratiques et essaimeront à travers les expériences des jeunes professionnels.
 

Gilbert STORTI
Expert bois auprès de la CAPEB (Confédération Artisanale des Petites Entreprises du Bâtiment), Gilbert STORTI a dressé lui aussi un bilan en demi-teinte de l’organisation professionnelle des petits artisans (moins de 10 employés) en suivant deux axes : la formation et la réglementation.
Face à l’éclatement et l’isolement des petites structures, il a souligné combien il est nécessaire de lutter contre une tentation corporatiste. Ainsi que l’ont rappelé les invités autrichiens tout au long de ces rencontres, le développement de leur propre filière n’a pu se faire sans efforts collectifs et sans collaborations entre et au-delà des disciplines. Les formations que met en place la CAPEB sont pour lui une occasion d’insuffler une véritable culture commune autour du bois. Un artisan ne peut plus être uniquement charpentier ou menuisier. Le « solfège architectural » implique une vision globale de la construction.
En effet, on assiste à une complexification de ces métiers : l’arrivée de l’informatique, la relation client et en particulier les nouvelles réglementations. De ce point du vue, la normalisation de plus en plus importante ne doit pas faire oublier que construire en bois, comme la souligné avec humour Gilbert STORTI, date en France de 1988 et du DTU (Document Technique Unifié) Construction en Bois. En effet, au-delà de la provocation sur la dimension réglementaire, la jeunesse de ce type de document illustre combien le bois était sous exploité dans la construction, il n’y pas si longtemps.
Les artisans et maîtres d’œuvre doivent donc s’employer à faire aimer ce « fichu matériau » pour accentuer et satisfaire la demande actuelle, déjà en progression
 
 
Bruno MARIELLE
Egalement de formation mixte, architecte, designer et charpentier, Bruno MARIELLE (Design & architecture) a prôné, à travers les exemples choisis, le rapprochement entre les disciplines grâce au dialogue et la concertation, la dimension pédagogique et expérimentale du chantier.
Il a insisté sur l'intérêt du travail collectif (relation avec les  entreprises ou les organismes comme Créabois Isère, le CAUE pour une meilleure conception commune, une plus grande anticipation et plus de créativité). Pour lui, la commande publique est également une situation stimulante. A titre d'exemple, les concours concepteur-constructeur représentent une chance pour définir plus précisément les objectifs.
Il ne faut pas non plus négliger l'apport de l'enseignement.
Les projets présentés illustrent la diversité des usages du bois  à travers des solutions et des systèmes multiples et l’utilisation en Isère de la forêt locale dans la construction.

Projets présentés:
Saint-Gervais : passerelle sur le Versoud
 
 
  • construction simple et légère (poutres montées à l’épaule) sur un chemin de randonnée.
  • système en lentille bois / métal.
  • projet d’insertion professionnelle réalisé avec une MJC.

Pont-en-Royans : promenade sur le bord d’une route (intervention sur site inscrit monument historique, gorges de la Bourne)
 
 
  • la sobriété de l’intervention s’inspire des canaux d’irrigation pour proposer, dans une écriture moderne, un dialogue avec l’existant et la fluidité de la rivière en contre bas. L’encorbellement renvoie également aux maisons suspendues qui lui font face.

 

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