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Conférence du 25/02/04
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L'exposition à Grenoble
 



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Les années 60, le temps des pionniers...

  

La construction passive

Conférence du 25/02/04


L’expérience du Vorarlberg peut-elle profiter au sillon alpin ?

 
Dans le cadre prestigieux de l’ancien musée de peinture de Grenoble s’est déroulée, le 25 février 2004, la conférence inaugurale du cycle de quatre conférences organisées par le CAUE de l’Isère en partenariat avec la Ville de Grenoble et les Parcs naturels régionaux de la Chartreuse et du Vercors.
Sous le titre « L’expérience du Vorarlberg peut-elle profiter au sillon alpin ? », la conférence visait à présenter l’exemple du Vorarlberg qui a favorisé l’émergence de cette architecture contemporaine de qualité afin de mieux comprendre les conditions de cette « alchimie bien particulière », puis de revenir à la situation en Isère et en région Rhône-Alpes.
En présence des représentants des partenaires de la manifestation (Institut Français d’Architecture, Vorarlberger Architektur Institut, DRAC, Parc naturel régional de la Chartreuse, Parc naturel régional du Vercors, Conseil Général de L’Isère), et d'invités autrichiens, M. Georges BESCHER, conseiller général et président du CAUE de l'Isère a introduit les débats.
 
Marina HÄMMERLE :

Marina HÄMMERLE, architecte autrichienne originaire du Vorarlberg et présidente de l’association des architectes du Vorarlberg (Zentralverein Vorarlberg) a commencé par introduire le mouvement des Baukunstler (« artistes du bâtiment »).
Le Vorarlberg, situé aux frontières avec la Suisse, l’Allemagne et le Liechtenstein, est le plus petit des lands autrichiens. Les 350 000 habitants de cette région alpine traversée par le Rhin, occupent essentiellement l’espace semi-urbain de la vallée du Rhin. L’habitat s’organise en tissu dense de gros bourgs et petites villes. La partie montagneuse est caractérisée par de petits villages autrefois agricoles et aujourd’hui touristiques.
La maison familiale constitue l’habitat typique, voire idéal, dans cette région de propriétaires terriens. La tradition de l’autoconstruction y est forte, ainsi que le recours aux architectes et constructeurs agréés en architecture. L’exercice du métier d’architecte était subordonné à l’appartenance à l’organisation syndicale de la Chambre des Architectes (Architektenkammer).
Dans ce contexte est né, à la fin des années soixante, le mouvement des Baukünstler. Se démarquant de l’esprit conservateur de la chambre syndicale, les Baukünstler ont proposé une architecture contemporaine qui s’assume pleinement et qui tient compte des changements sociaux intervenus depuis la Deuxième Guerre Mondiale (urbanisation, mutation de l’agriculture, désindustrialisation, avènement du secteur tertiaire et du tourisme de masse).
S’éloignant de la reproduction du chalet de montagne et des pavillons unifamiliaux, les précurseurs du mouvement comme Roland GNAIGER, Wolfgang RITSCH ou Bruno SPAGOLLA ont fait de l’architecture contemporaine un sujet d’intérêt général. Plaçant la recherche d’une architecture économique au cœur des projets, les propositions des Baukünstler sont essentiellement pragmatiques. Loin de l’architecture de concours ou du néo-régionalisme, les fondements d’une architecture contemporaine et assumant le choix des formes et des matériaux étaient nés.
Confrontés à leurs débuts aux critiques d’une partie de la population et des élus, exclus de la Chambre des Architectes, les Baukünstler se sont regroupés dans une association d’architectes (Zentralverein). Par le soutien mutuel et la cohérence des propositions, ce mouvement a su se développer et acquérir, dès les années 80, l’adhésion de la population et des élus du land.
De nos jours, chaque commune se doit d’avoir un équipement bâti par les Baukünstler, et leurs maisons sont très recherchées. Le parti pris de l’efficacité énergétique et l’utilisation de matériaux locaux, dont le bois, répond aux préoccupations actuelles. Autrefois décriées, les réalisations de ce mouvement sont désormais des destinations touristiques prisées.
 

Bruno SPAGOLLA

Il n’existe pas, dans le Vorarlberg autrichien, d’obligation légale à recourir à l’architecte en matière de construction. Il est permis de construire sa propre maison, ou de faire appel à des architectes ou constructeurs. Cette situation, avec l’avènement du mouvement des Baukünsler, a permis aux architectes d’exprimer leurs vues dans un climat de liberté.
Le caractère semi-rural du land, les changements économiques et l’accroissement depuis les années 80 du nombre de constructions ont créé une situation particulière. En effet, il est largement fait appel aux architectes pour les constructions neuves ou les aménagements. Ce phénomène n’est pas exclusivement urbain, mais s’applique également à l’espace rural. Il résulte de cet état de faits un courant d’architecture qui vise à construire pour des gens "ordinaires " qui, avec un budget raisonnable, cherchent à satisfaire un usage quotidien de l'habitat. L’architecte doit chercher, selon Bruno SPAGOLLA, " à respecter les gens avec leurs besoins et résoudre les questions architecturales sans verser dans le spectaculaire ". L’aspect pragmatique de la démarche des Baukünstler leur a valu une acceptation sociale.

Bruno SPAGOLLA, architecte né en 1949 à Bludenz, a illustré ses propos à partir de réalisations personnelles, souvent de petite échelle, mais qui traduisent sa philosophie professionnelle. À Marul, village alpin comptant environ 200 habitants, il a agrandi l’école du XIXe siècle par l’adjonction d’un bâtiment efficace et modeste. Il entend, grâce aux performances des s
ystèmes constructifs contemporains (encastrement dans le pied de la colline) répondre aux besoins de notre époque, ouvrir de nouveaux espaces et valoriser le bâtiment du XIXe siècle.
 
 

Dans un autre projet, au centre de la petite ville de Nüziders, Bruno SPAGOLLA a reconstruit le bâtiment de la Mairie, en se servant d’une usine désaffectée du XIXe siècle. Établissant le lien entre l’artisanat du bois et les élus, l’architecte a eu recours à ce matériau (bardage en chêne brut) et aux technologies nouvelles (pompe à chaleur) pour fournir un bâtiment fonctionnel et esthétique, s’insérant avec subtilité dans le tissu urbain existant.
 
 
La modestie de l’approche et l’utilisation de matériaux locaux, conjugués aux techniques modernes sont les maîtres-mots de la méthode des Baukünstler présentée par Bruno SPAGOLLA.

 

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