Rencontres i 2009  Sème ta zone 2 ! : Promenade statique au coucher des abeilles

Villes et campagnes durables, surnaturelles et insoutenables… et si nous percevions la ville avec les yeux des abeilles et pourquoi pas ceux des lapins ?

Le rendez-vous était pris depuis le mois de mai dernier (lire le précédent article…) pour le vendredi 10 juillet, au coucher du soleil, à l’apiscope en haut de la Bastille. Nous avions décidé de nous retrouver de nouveau autour de l’artiste éleveur d’abeilles urbaines, Olivier Darné, toujours avec avec ces mêmes questions :
« Que reste-il de nature en ville ? Quel est le goût du miel produit par notre intense activité urbaine ? Que pensent les abeilles de l’évolution de nos espaces, de notre fleurissement ? de nos dalles, de nos friches… ? »

 

bastille
Ce soir-là, nous n’étions plus dans la ville mais au-dessus, attardés à observer le scintillement des lumières, magie de notre monde moderne. Entouré par Jean-Olivier Majastre, anthropologue, Bertrand Rétif, paysagiste et Christophe Brumelot et Jean-Marie Dyon, apiculteurs, Olivier Darné nous a fait goûter une partie du paysage Grenoblois : un cadre de miel produit sur les hauteurs de la Bastille.
Un vrai moment de tendresse, de douceur et de partage d’une ressource appartenant finalement à tous le monde.
Et si c’était avant tout cela la vocation d’un paysage urbain ?
Produire une essence de tendresse et de douceur et faire partager les ressources collectives…
Et les lapins dans tout ça ? Ils s’adaptent et recréent leur écosystème dans la ville. Où ça ? Dans l’endroit le plus inattendu qu’il soit : le rond point de la Porte Maillot à Paris.
Un refuge pour les âmes isolées et les petites bêtes perdues au coeur d’un vaste noeud de circulation. Un pied de nez à notre ville organisée, gérée, surveillée. Un signe que la nature et l’homme sont capables de recréer des îlots de liberté et de résistance. Cette anecdote nous dit autre chose : et si nous pensions nos villes et nos espaces publics à travers les yeux des abeilles, des lapins et pourquoi pas des poules ?
Peut-être produirions-nous des espaces plus perméables, plus souples, plus vivants et plus accueillants pour la biodiversité.
Imaginons une ville où les animaux pourraient se déplacer, se nourrir et se reproduire… comme nous. Imaginons des villages où les poules pourraient encore se balader en toute liberté, comme le premier indicateur d’espace public « durable ».
Alors plus que jamais, changeons de lunettes, regardons et pensons la ville avec la sensibilité de la nature.