Retours sur la 5ème Biennale de l’habitat durable : Ecoquartiers et constructions durables, le point de vue des usagers…

1er écoquartier de France, l’ancienne Caserne de Bonne métamorphosée en lieu de vie, de commerce, de travail et de détente, a accueilli, les 9, 10 et 11 Avril 2015, de nombreux visiteurs.

Professionnels de l’aménagement français et étrangers, experts, étudiants, élus, associations, mais surtout habitants, ont participé au programme foisonnant de la Biennale organisée par la Ville de Grenoble et ses très nombreux partenaires, dont le CAUE de l’Isère qui est un de ses co-initiateurs.

Evénement grenoblois au départ, la rencontre a pris une dimension régionale grâce à son prix qui distingue les réalisations et projets les plus aboutis en terme de développement durable, à toutes les échelles de l’aménagement.

Cette année, Monique ELEB, sociologue, chercheur et enseignante, spécialiste de l’analyse des usages dans l’habitat, marraine de l’événement, a donné le ton en réaffirmant la place prépondérante de l’habitant dans les programmes et projets d’aménagement.

- Tables rondes associant des acteurs français et européens spécialistes de ces questions

- Bourses d’opportunités pour favoriser l’échange et la créativité des professionnels

- Visites d’opérations dans la région grenobloise

- Emissions télévisées

- Expositions de réalisations

- Présentation des prix de la 5ème Biennale

- Animations pour tous publics et tous âges sur l’espace de Bonne, etc…

Les programmes étaient variés et riches pour les nombreux participants. Les questions et échanges de points de vue ont été nombreux, surtout le samedi, sur le stand du CAUE, tenu autour de l’exposition « Le bois dans la ville » réalisée en partenariat avec l’Ecole Nationale d’Architecture de Grenoble (ENSAG), le CAUE et Créabois.

Mais la Biennale de Grenoble a confirmé également son succès sur le net avec 450 000 consultations en 3 jours, soit 3 fois plus qu’en 2013.

Si ces reportages ne remplacent pas les rencontres et échanges directs, ils témoignent de la richesse du sujet de la ville durable qui visiblement intéresse de plus en plus nos concitoyens.

L’enjeu est considérable, le chantier gigantesque…

Loin de considérer que le quartier de Bonne puisse être érigé en modèle à dupliquer, les organisateurs de la Biennale ont souhaité évaluer les acquis, pointer les limites, réfléchir aux méthodes d’aménagements, mais surtout entendre le point de vue des habitants, des usagers, des visiteurs.

 

Les retours sont généralement très positifs. En moins de 10 ans, ce quartier est devenu un véritable lieu de vie où il fait bon vivre, et où de très nombreux habitants de la métropole grenobloise se rendent avec plaisir.

Les raisons de ce succès tiennent en grande partie à la diversité de son programme construit à partir des atouts de cette friche militaire en cœur de ville et de la volonté de rayonner sur les quartiers voisins.

De Bonne, c’est aujourd’hui une « ambiance urbaine » inédite à Grenoble, « une qualité d’espaces publics » et une « densité de réalisations où il fait bon vivre ». De nombreux témoignages d’habitants ou de commerçants revendiquent fièrement leur appartenance à ce quartier qu’ils ne quitteraient « pour rien au monde ».

La qualité de vie du quartier, qui compte 40 % de logements sociaux et rassemble toutes les classes sociales, un ensemble commercial et de nombreux services et équipements sociaux, éducatifs et culturels, se traduit aussi par les pratiques urbaines où on dénombre 5 fois plus de vélos que dans le reste de la ville.

Les logements, précurseurs bien avant l’obligation de performance thermique de la RT (Règlement Thermique) de 2012, tiennent leurs promesses… La nécessité de développer plus de pédagogie auprès des habitants pour leur expliquer le fonctionnement thermique des appartements et le mode d’emploi de ces logements performants à également été porté.

Nous retiendrons également le regard de nos collègues autrichiens, Harald GMEINER, Directeur de l’Institut de l’énergie du Vorarlberg (petit land autrichien devenu un modèle européen en matière de construction durable).

Ce spécialiste, marqué par la qualité exceptionnelle de vie du quartier de Bonne, s’étonne cependant des hésitations françaises pour aller vers les réalisations passives généralisées dans le Vorarlberg.

« Vous n’en êtes pas loin », la construction passive (15 kwh/m2/an, contre 50 kwh actuels) permet de réduire presque totalement les charges de chauffage, mais surtout de bénéficier d’une qualité de l’air dans les logements bien plus qualitative, surtout en ville… et en toutes saisons…

Ces échanges très stimulants nous encouragent à poursuivre les efforts engagés et proposer aux habitants de prendre une place plus grande dans les processus d’aménagement…

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