Rencontre avec Jacqueline Osty, paysagiste, autour des parcs de la Caserne de Bonne et de la Zac Flaubert

Dans le cadre de l’élaboration des « fiches référentiel » d’opérations exemplaires en Isère, le CAUE a rencontré, jeudi 22 mai 2014, la paysagiste parisienne Jacqueline Osty, venue à Grenoble pour suivre le chantier du parc de la ZAC Flaubert. Paysagiste, conceptrice de projets variés, tels que le zoo de Vincennes, récemment inauguré à Paris, le parc Martin Luther King à Batignolles ou encore, le parc Saint Pierre à Amiens ; elle est également à l’origine du traitement des espaces publics de la Caserne de Bonne et du futur parc de la ZAC Flaubert, tous deux à Grenoble.

 

Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les deux projets à travers une visite des deux sites :

Le projet du Parc Flaubert est à l’étape de chantier avec le terrassement, le modelage du terrain et le diagnostic pour le réemploi de certains matériaux présents sur le site. Jacqueline Osty nous a présenté le concept du projet : rappeler l’histoire du lieu par le patrimoine ferroviaire et les traces de l’activité industrielle du quartier pour ancrerle parc dans son contexte urbain existant. Le plan masse joue sur la linéarité du site, renforcée par la présence de rails pour créer de la profondeur et des espaces de dilatation, par un jeu de coulisses.

La paysagiste a composé l’espace pour offrir une diversité d’ambiances à travers différents espaces : une mare, des aires de jeux, des zones actives avec un parcours de santé et des secteurs plantés, une piste cyclable conservée et un belvédère sur les montagnes.

La visite s’est poursuivie jusqu’aux parcs de la Caserne de Bonne, allant du parc Hoche au jardin des Vallons, en passant par l’esplanade du Général Alain le Ray.

C’est avec un certain recul que J.Osty est revenue sur ce projet et que nous avons pu constater son évolution, tant dans l’usage que dans la croissance des végétaux.

Les trois parcs présentent chacun une ambiance et des usages différents.Ils sont reliés par un axe piéton majeur permettant de franchir le boulevard Gambetta. Des liaisons piétonnes innervent le quartier dans toutes les directions.

L’originalité du plan masse réside dans la capacité à faire un parc de ces trois espaces. L’eau devient un fil conducteur de la déambulation même si sa présence reste artificielle.

La subtilité du projet consiste en la réutilisation des matériaux issus de la déconstruction de la caserne. Différents blocs de pierre provenant de la modénature des façades ou de la structure même du bâti sont réemployés sous forme de bancs, de fontaines ou de composante de jardin.

Chaque connexion est une anti-chambre au jardin global central et c’est aussi le cas pour le Bois d’Arthas, espace vert symbolique du quartier, qui réintègre la chaîne des espaces publics de l’agglomération grenobloise.

Ces deux aménagements, singuliers dans leur composition, sont les témoins de l’attachement de Jacqueline Osty au rôle social que joue les parcs en milieu urbain : « un parc est réussi quand il est utilisé ».

Le pari est gagné pour le parc de la Caserne de Bonne, en souhaitant le même succès au Parc Flaubert !

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