Pajay : la cure devient mairie

Tout l’intérêt de constituer, en préalable, une stratégie urbaine au programme architectural et cadrer les réflexions de faisabilité et de conception du projet. Fin d’année 2008, la commune sollicite le CAUE pour l’accompagner dans ses réflexions de restructuration de son bâtiment mairie, bibliothèque et salle des associations.

 

Début d’année 2009, nous réalisons une rapide analyse du bâtiment. Si celle-ci nous permet d’appréhender tout son potentiel d’évolution (mairie école de type Jules Ferry, bibliothèque au RC, mairie au R+1, R+2 libre, terrain, grande cour et son préau, festivités locales, ancien marché ?…), elle nous révèle également un manque de lisibilité urbaine de l’équipement (masqué par l’église et ses plantations), confortée par des difficultés d’accessibilités (circulation sur le parvis de l’église, accès peu lisible, stationnement contraint, cheminement piéton peu valorisé).

La capacité d’écoute et de réactivité du groupe de travail nous permettent rapidement de sonder d’autres potentialités, plus particulièrement la cure voisine (de l’autre coté de l’église, trônant devant l’espace d’accueil, directement lisible depuis la voirie principale du village).

Le jeu de schémas contrastés exprimant les évolutions potentielles de chacun des bâtiments, nous met en situation d’échange et de débat sur les évolutions de ce site.

Cette phase de réflexion, tout à fait déterminante pour la suite des événements, motive les élus présents qui ressentent directement les effets des avis de chacun sur l’avenir de leur quotidien et de la vie de leur village.

C’est également l’opportunité de s’ouvrir vers une vision plus globale du projet, prendre du recul sur les événements à venir : l’urgence est remise en cause, les hypothèses fusent…
Ici, la cure s’est révélée à nous comme le site incontournable, globalement sous-occupée, stratégiquement positionnée et facilement repérable, d’un accès direct et aisé, d’un potentiel d’évolution intéressant, sans incidence sur la bibliothèque actuelle et les locaux associatifs…

Les élus convaincus, le cahier des charges prend corps. Reste en suspend la stratégie d’occupation du volume par les locaux mairie, totalement ? partiellement au RC ? auquel cas, ils seraient complétés par des logements locatifs à l’étage.

La question sera donc inscrite dans le cahier des charges de l’architecte, au même titre que l’analyse préalable de l’état structurel de la cure et de toutes les incidences qui pourraient engendrer des questions de bon fonctionnement et/ou de remise en cause de l’enveloppe budgétaire (mission spécifique Diagnostic de la Loi MOP en préalable à la mission de Base).

Dans le cadre du Code des Marchés Publics, la procédure Adaptée, sans remise de prestations particulières, est retenue (plus souple et plus rapide), compte tenu du montant des travaux estimés (intégration d’exigences environnementales et énergétiques nécessaires, référentiel BBC en neuf et réhabilitation).

Une attention particulière est portée sur l’audition de chacune des quatre équipes présélectionnées (Droin et Chevalier, Boulan, Composite et Ariès). Ce temps de rencontre et d’échange reste déterminant pour confirmer les attendus du cahier des charges, échanger sur les démarches proposées par chacune des équipes et également appréhender la capacité d’écoute des équipes. C’est bien souvent une surprise pour les élus de découvrir la diversité des démarches et des sensibilités des équipes.

C’est le cabinet Composite de Grenoble qui a été retenu pour ce projet. La phase projet  a été engagé jusqu’en mars 2010, suivie du dépôt de permis de construire et des demandes de subventions.

Le bâtiment a été inauguré et est, désormais, opérationnel.

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