Les enjeux de la filière bois dans la planification urbaine, retour sur un atelier d’information et d’échanges

En Trièves, comme en Matheysine, la forêt constitue un atout : à la fois ressource économique, richesse environnementale, jouant un rôle de protection contre les risques, de préservation de la ressource en eau et de la biodiversité. Elle connaît également des fragilités et des difficultés spécifiques aux zones de montagne : fortes pentes, accès contraints, climat… qui la rendent vulnérable.

Ses différentes fonctions doivent être pérennisées et valorisées.

Ainsi, à l’initiative des Communes Forestières de l’Isère et des Communautés de Communes du Trièves et de la Matheysine, une quinzaine d’élus ont participé à la réunion d’information et d’échanges, organisée le 24 janvier dernier à Saint-Jean d’Hérans, sur la thématique « Pourquoi et comment intégrer les enjeux de la filière bois dans la planification urbaine ».

Au cours de cette séance, à laquelle était associé le CAUE de l’Isère, différents intervenants des Communes Forestières de l’Isère, de la Direction Départementale des Territoires et de Créabois, se sont succédé pour apporter des éclairages complémentaires sur l’importance de la forêt dans l’économie locale, sur les enjeux de la filière en terme de protection et de valorisation de la ressource, sur le développement de l’économie forestière, les différentes réglementations forestières, la prise en compte des impératifs liés à l’exploitation et de certaines contraintes liées au transport du bois depuis les massifs forestiers, ainsi que des entreprises de sciage et de transformation confrontées à des recours de plus en plus fréquents liés à leur proximité des zones urbanisées et d’habitation, mettant parfois en péril leur pérennité.

Le CAUE a abordé les aspects architecturaux de l’intégration du matériau bois dans la construction et leur prise en compte dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU).

Après une présentation de la diversité géographique et des spécificités des territoires du Trièves et de la Matheysine, les enjeux paysagers (le premier territoire disposant d’un plan de paysage approuvé et le second d’un plan de paysage en cours d’élaboration), la richesse de l’architecture vernaculaire a été mise en exergue, comme l’influence qu’elle a eu sur le règlements de POS et l’émergence d’un modèle architectural régionaliste, peu propice à la création contemporaine.

L’intervention du CAUE a été l’occasion de rappeler les performances et les avantages environnementaux de la construction bois, la diversité potentielle des solutions techniques et d’expression architecturale qu’elle autorise, la réduction des coûts de production qu’elle génère, son adaptabilité aux modes d’habiter contemporains et aux nouveaux modes de construction, notamment l’auto-construction.

Elle a également permis d’aborder les réticences et idées reçues concernant l’emploi du bois dans la construction.

Un point spécifique a été effectué sur les dispositions réglementaires relatives à l’aspect extérieur des constructions dans les PLU et l’utilisation du bois. Ces propos sur l’acceptation réglementaire et culturelle du matériau dans la construction ont été largement illustrés par différentes approches de projets et d’exemples architecturaux mettant en perspective l’utilisation du bois : constructions neuves isolées, insérées dans le tissu urbain ou dans un environnement paysager de montagne , extension de constructions existantes, opérations d’habitat intermédiaire, opération de revitalisation de centre-bourg utilisant le bois communal…

L’approche de l’aspect extérieur des constructions a permis de rappeler que l’utilisation du bois en bardage ne concerne qu’une très faible partie du volume de bois embarqué dans la construction ; que le bois peut se marier harmonieusement avec différents matériaux en façade ; qu’il peut être enduit et ainsi répondre à différentes exigences réglementaires dans des contextes variés.

Il a été rappelé que la multiplicité actuelle des PLU communaux et l’hétérogénéité de règlements, notamment en matière d’aspect extérieur, peut engendrer incompréhension et confusion chez les pétitionnaires et constituer un frein à la construction bois.

Enfin le CAUE a souligné que ces questions d’architecture et de réglementation d’urbanisme gagneraient être partagées de façon plus large au sein des intercommunalités entre élus et techniciens chargés de l’application du droit des sols avec l’appui de professionnels (Architectes Conseillers du CAUE, Bureaux d’Études…).

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