Les eaux pluviales sont-elles une contrainte ?…ou une ressource ?

Peut-on gérer les eaux pluviales autrement ? Les problèmes posés par la gestion actuelle des eaux pluviales sont tous liés au fait que l’on souhaite les évacuer le plus rapidement possible de la ville. Une gestion alternative consiste au contraire à les conserver et à les gérer le plus près possible de l’endroit où elles tombent.

Courant 2015, un partenariat s’est mis en place entre le CAUE de l’Isère et la communauté de l’eau de la Région Urbaine Grenobloise (RUG). Plusieurs rencontres, sous forme de groupe de travail, se sont tenues pour échanger sur le thème « formes urbaines et eaux pluviales », mettant en perspective les domaines de la gestion des eaux pluviales, de l’urbanisme, du paysage et de l’aménagement.

La question de la gestion des eaux pluviales apparaît souvent comme une contrainte plutôt q’un atout. Le dialogue entre technicien hydrologue, aménageur, paysagiste et urbaniste permet de réfléchir à des méthodes et des réponses simplifiées allant dans le sens d’une meilleure gestion des eaux pluviales et donc d’une qualité de projet.

Ces temps d’échange ont également pris la forme de visite de la ZAC Blanche Monnier à Grenoble, où une attention particulière a été portée sur la gestion des eaux pluviales en surface.

Le partenariat va se poursuivre en 2016 à travers des visites de sites exemplaires sur le territoire du SCoT de la RUG et l’organisation d’un séminaire de clôture sur le thème « réaliser un projet idéal d’urbanisme intégrant les eaux pluviales : une utopie nécessaire ? »

Dans la continuité de ce partenariat, le GRAIE (Groupe de Recherche Rhône-Alpes sur les Infrastructures et l’Eau) a sollicité le CAUE de l’Isère pour participer au 2e Forum Eaux Pluviales et Aménagement qui s’est déroulé le 8 décembre 2015, organisé en collaboration avec Grenoble Alpes Métropole et la Communauté de l’Eau de la région Urbaine de Grenoble.

L’objectif de cette rencontre est de proposer un recueil des éléments clés sur la stratégie, les différents intervenants et les techniques à mettre en œuvre pour passer à l’action et mieux intégrer les eaux pluviales dans les aménagements aujourd’hui.

Après une présentation générale d’éléments de cadrage et de retours d’expériences, une quinzaine d’experts se sont mobilisés pour répondre aux questions dans les 6 ateliers thématiques de 20 minutes chacun :

  • Quels atouts et services rendus par les techniques alternatives ?

  • Entretien et risque de pollution des techniques alternatives : quelle part de vrai et d’idées reçues ?

  • Quelle prise en compte des eaux pluviales dans les documents d’urbanisme ?

  • Quelles compétences mobiliser et comment les faire travailler ensemble ?

  • Comment concevoir et dimensionner un ouvrage d’infiltration ?

  • Quelles solutions pour un contexte urbain dense ?

Cette rencontre, qui s’adressait à la fois aux acteurs de l’aménagement et aux acteurs de l’eau, publics et privés, se voulait être un lieu d’échange privilégié.

L’atelier sur la coordination multi-acteurs était animé par une chargée de mission de la Safege et par le CAUE de l’Isère.

La participation aux différents ateliers a fait ressortir des thèmes et des préoccupations récurrents :

> la coordination entre les différents acteurs de la chaine de l’aménagement demeure un aspect important car on constate souvent « une perte en ligne » au cours des grands projets (changements d’interlocuteurs, temporalité étirée, évolution règlementaire…),

> la bonne connaissance des gestionnaires est incontournable pour pérenniser les choix de l’aménagement,

> l’information et la concertation auprès de tous pour faciliter l’acceptation mais aussi le fonctionnement futur doivent accompagner la réflexion dans toutes les étapes d’élaboration,

> la « valorisation de la goutte d’eau » et le partage de cette culture permet d’intégrer la gestion au quotidien,

> apporter des réponses aux a priori sur les techniques alternatives de gestion des eaux pluviales,

> les règles du jeu doivent être claires. Les projets doivent proposer des réponses fiables vis à vis des obligations règlementaires. Des propositions originales et participatives naissent parfois des contraintes.

La gestion des eaux pluviales est de la responsabilité de tous et doit être abordée de l’échelle du bâti au bassin versant. Des solutions alternatives au « tout-tuyaux » existent, des stratégies plus intégrées sont reconnues ; elles constituent souvent des solutions efficaces et durables. Si les techniques sont relativement simples, des recherches importantes se poursuivent, notamment  sur les phénomènes et les stratégies. Par ailleurs, la sensibilisation et l’information sont essentielles pour aller vers une culture commune de la gestion de l’eau, partagée par les décideurs et techniciens, les urbanistes, aménageurs, paysagistes et professionnels de la gestion de l’eau.

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