La nécessaire transition énergétique des PLU, un atelier animé par le CAUE

Les élus de la communauté de communes du Trièves, impliqués dans la démarche de territoire à énergie positive (TEPOS) et pour certains d’entre-eux, engagés dans l’élaboration ou la révision d’un plan local d’urbanisme (PLU) avaient, lors du précédent atelier du 13 mars 2017 co-animé par la DDT et le CAUE, émis le souhait d’aborder la thématique du PLU et de la transition énergétique.

La planification urbaine constitue un champ d’action fondamental pour répondre aux défis de la performance énergétique dans les territoires. Les leviers de l’urbanisme et de l’aménagement (la mobilité, l’organisation de l’espace, l’articulation entre urbanisme et transports collectifs, les formes urbaines, les politiques en matière d’habitat et de logement, la biodiversité, la pérennité des espaces agricoles et des paysages…) sont au cœur de la transition énergétique des territoires.

Les PLU sont des documents essentiels pour définir les orientations permettant aux territoires de s’engager durablement dans une trajectoire de performance énergétique ainsi que dans une réponse locale en matière d’adaptation climatique.

Ils permettront de :

- Préserver, gérer et mettre en valeur les paysages et les structures paysagères du Trièves (en lien avec le Plan paysage du territoire)

- Maîtriser l’étalement urbain

- Renforcer l’attractivité du territoire

- Prendre en compte la qualité du cadre de vie

- Renforcer l’autonomie énergétique du territoire, en réduisant progressivement le recours aux énergies fossiles, en précisant les filières énergétiques locales à privilégier, en mettant en relation les ressources locales, renouvelables et de récupération, avec les postes de consommation que sont les usagers, les projets par le biais d’infrastructures de transport, de stockage ou de transformation d’énergie.

L’atelier du 23 juin dernier organisé à l’initiative la Communauté de communes du Trièves, auquel participait une dizaine d’élus, a débuté par une mise en situation concrète des élus concernant des questionnements liés à la notion de transition énergétique. Un dialogue entre élus et intervenants, à partir des réponses et commentaires formulés, a débouché sur la présentation des différents volets du PLU, permettant d’intégrer la transition énergétique : le diagnostic, le projet d’aménagement et de développement durable (PADD), les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) sectorielles ou thématiques ; le document graphique et le règlement.

Un travail photographique de terrain destiné à préparer cet atelier a permis aux intervenants du CAUE de témoigner de la variété des constructions récentes faisant appel à des procédés constructifs bioclimatiques innovants, utilisant des matériaux locaux ou pourvues d’installations de production d’énergies renouvelables.

Ce travail préparatoire a contribué à enrichir et à illustrer d’exemples locaux, les thématiques abordées sur le PLU : à savoir, la localisation des zones à urbaniser (AU) et la prise en compte des enjeux de l’énergie à l’échelle des opérations d’ensemble, les modes de déplacements et les mobilités douces, la compacité de l’urbanisation, la prise en compte de la biodiversité et du réchauffement climatique dans l’aménagement des espaces publics, la promotion des formes d’habitat alternatives à l’habitat individuel, la prise en compte de l’exemplarité énergétique et du confort climatique des constructions futures et des bâtiments existants, qui représentent un patrimoine conséquent dans le Trièves mais également l’intégration des systèmes de production d’énergies renouvelables qui se multiplient (individuels ou collectifs et participatifs), les chaufferies bois et le développement futurs de micro-réseaux de chaleur….

L’intégration de la transition énergétique suscite néanmoins de nombreuses questions auxquelles des réponses devront être apportées dans les prochaines générations de PLU, comme l’élaboration d’un diagnostic « énergies » qui paraît incontournable mais qui est généralement absent des diagnostics actuels de PLU, l’accès actuel aux données relatives à l’énergie, le degré de précision sur la connaissance des potentialités énergétiques du territoire, la question de la traduction des éléments du diagnostic en prescriptions et/ou préconisations d’urbanisme, la transversalité entre les spécialistes de l’urbanisme et les spécialistes de l’énergie qui ne semble par encore exister, enfin la question du coût des études supplémentaires engendré par ce nouveau volet des diagnostic de PLU, qui seront réalisées par des bureaux d’études spécialisés et qui aura des répercussions sur le coût global des PLU. Ce qui interroge également sur l’échelle territoriale la plus pertinente pour mener ces études et élaborer les prochains PLU.

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