Eco-rénovation. Mythe ou Réalité ?

Le 13 octobre 2015, sous l’égide de l’Agence Sud Isère Drôme d’E.D.F., s’est tenue une rencontre originale rassemblant l’essentiel des acteurs de la construction et de la rénovation dans le très emblématique Centre des Congrès « La Locomotive », réalisé par la commune de Vizille.

Cette initiative (labellisée Cop21), construite avec nombre de partenaires, convaincus ou encore interrogatifs, s’inscrivait comme un prolongement des échanges menés lors de la 5ème Biennale de l’Habitat Durable de Grenoble au printemps dernier.

Au programme de la journée, l’ambition de réaliser un réel état des lieux des atouts et limites de l’éco-construction en région et particulièrement en Sud Isère, pour les mettre en débat.

E.D.F., dans le cadre de la mission de l’agence « Une Rivière, Un Territoire », qui consiste à faire émerger des pratiques et une économie vertueuse pour les acteurs locaux et l’environnement, avait consacré des moyens conséquents pour créer les conditions d’un échange sans langue de bois entre partenaires.

Tous étaient au rendez-vous, depuis les représentants des élus locaux, départementaux et régionaux, chambres consulaires, entreprises, artisans, concepteurs, bureaux d’études, bureaux de contrôle, bailleurs sociaux, organismes publics et para-publics, associations, etc.

4 tables rondes et une conférence-débat ont permis de rappeler les enjeux de la transition énergétique, des avancées techniques et réglementaires mais également des nombreux freins qui pèsent sur l’évolution indispensable de nos pratiques qui doivent dorénavant prendre conscience de la finitude des ressources carbonées de notre planète.

Le CAUE, partenaire de l’organisation de cette journée avec de nombreux acteurs et institutions, a souhaité démystifier l’éco-construction en rappelant qu’elle a, sans avoir besoin d’être revendiquée, présidé depuis la nuit des temps à la construction de notre habitat en optimisant les ressources de notre environnement.

 

Si l’acier est aujourd’hui reconnu comme le matériau central de la construction du XIXème siècle, conséquence de la révolution industrielle, le béton celui du XXème siècle, le bois promet de devenir celui du XXIème siècle. Pourquoi mobiliser des matériaux issus des ressources carbonées produits sur d’autres continents lorsque des matériaux renouvelables et performants sont mobilisables dans nos territoires ?

 

En terme de rénovation, il est indispensable d’identifier les spécificités constructives et d’usage du bâtiment pour retenir les matériaux adaptés et compatibles avec ses caractéristiques.

Tout au long de la journée, des réalisations exemplaires ont été présentées : force est de constater qu’elles sont toujours le fruit d’une démarche de projet méthodique et attentive, à l’inverse des démarches, pourtant inscrites dans l’objectif louable d’améliorer les performances énergétiques ont parfois montré leurs limites sur le plan environnemental et architectural.

Après retours d’expériences, débats d’experts, point sur l’indispensable évolution du cadre normatif qui, longtemps, a cantonné les filières bio-sourcées au rang des démarches nostalgiques marginales, la nécessité impérieuse de remettre en cause nos pratiques s’est imposée.

Les outils existent, les volontés se construisent, les ressources naturelles et humaines sont là, la filière du bâtiment doit être revalorisée pour que notre bâti atteigne les performances attendues.

Loin de vouloir prôner une ressources unique, à l’époque où la philosophie est avant tout d’utiliser « le bon matériau au bon endroit », il est intéressant de savoir que 5 % de la paille produite actuellement permettrait d’isoler l’ensemble des bâtiments neufs de la région Rhône-Alpes…

Soyons créatifs et pragmatiques.

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