Débattre autour du « profil » du projet, un outil au service d’une concertation habitante interactive

De plus en plus mobilisé dans sa mission de sensibilisation, par une sollicitation croissante des demandes d’animation de temps de concertation habitante, le CAUE fait évoluer ses pratiques pédagogiques pour répondre aux nouveaux enjeux des projets urbains. Pour inciter l’adhésion de différents publics, le CAUE a imaginé un outil simple d’utilisation, adaptable au sujet et compréhensible par tous. Le « diagramme en radar » a été testé pour une évaluation multicritères d’un espace public ou d’un quartier.

 

 

L’idée est d’adapter cette représentation simple et ludique pour rendre compte des composantes multiples d’un projet, de saisir la complexité et l’interaction des facteurs tout en gardant la compréhension simple de chaque critères (chaque branche).

L’appréciation de la qualité d’un espace ou d’un quartier peut se faire sous des angles ou des points de vue variés.

En nous adressant aux habitants, ceux qui vivent ces lieux au quotidien, l’idée est de faire émerger leur vécu, leur pratique, les caractéristiques de leur espace de vie, leur ressenti et prendre en compte concrètement ces données.

Cette manière de procéder permet d’avancer sur un langage commun, un moyen d’expression mis à disposition en parallèle d’autres outils comme parfois, des maquettes.

La ville de Pont de Claix organise des Ateliers Publics Urbains (APU) dont l’objectif est d’associer les habitants à la réflexion, de co-construire avec eux un projet d’espace public sur 3 quartiers de la commune.

L’exercice doit se faire de manière dynamique, être attractif, et rendre compte de la participation habitante…

Le « radar » permet d’évaluer l’espace considéré à différents moments du processus de projet. Les critères d’évaluation retenus sur Pont de Claix ont été :

Convivialité / Sécurité / Accessibilité / Végétalisation / Minéralité / Tranquillité / Confort / Esthétique

Chaque critère a pu être débattu par des exemples précis, des situations vécues qui ont enrichi le diagnostic technique, contribués aux éléments de programmation, hiérarchisés les priorités habitantes et apportés une dimension sensible de l’ordre du ressenti des ambiances qui n’aurait pu être évoquée dans un autre dispositif.

Le diagnostic partagé sur l’état existant est un temps essentiel, il constitue le socle nécessaire du projet… De quoi part-on ? Pourquoi veut-on transformer le lieu ? Vers quoi souhaite-t-on aboutir ?

Il est important que cette première étape soit débattue et partagée, l’outil radar permet ainsi de visualiser cet état des lieux et donc de s’accorder collégialement sur ce point de départ.

L’exercice, sur la base de ce même radar, a été répété lors d’un atelier de maquette avec les habitants, mettant en espace leurs idées et leurs besoins…

Les évaluations à l’aide du radar peuvent être superposées, comparées ; le rôle de l’habitant-acteur, mesuré, valorisé…

Une dernière utilisation de l’outil radar devra être faite lors de la réalisation de l’aménagement des espaces publics, pour mesurer l’évolution et la prise en compte des priorités des habitants…

Par ailleurs, l’équipe du CAUE accompagne la commune de Cognin-les-Gorges sur un projet de requalification des espaces publics du centre bourg avec le souhait d’inclure les habitants dans la réflexion.

Après une première réunion de concertation sous forme de balade urbaine à travers le village qui avait pour but de recueillir avis, besoins, et attentes des habitants, le bureau d’étude en paysage Cambium Paysage, en charge du projet de requalification des espaces publics, a organisé une deuxième rencontre fin février pour soumettre aux habitants des scenarii d’aménagement.

L’outil « Radar » a été utilisé lors de cette deuxième rencontre pour comparer l’état des lieux avec les différents scenarii de projet d’aménagement.

Par différents critères relatifs au ressenti (convivialité des espaces, tranquillité du village, confort et sécurisation des piétons), mais également relatifs aux composantes essentielles de l’organisation de la vie du village (organisation du stationnement, sécurisation des piétons, vie touristique), les habitants ont pu aborder une multiplicité de sujets et ainsi mettre le projet en perspective par rapport à ces critères.

Pour confronter les points de vue, les participants se sont répartis en deux groupes, cela a permis, d’approfondir les échanges sur les différentes analyses et ressentis.

La dimension pédagogique de cet outil est évidente, elle pointe la complexité des enjeux et la relativité des points de vue qui doivent composer avec le temps, l’espace et l’acceptation des changements.

Un projet de qualité optimale va tendre vers une surface de radar maximum, sans obtenir pour autant le cercle. En effet, parfois des critères s’opposent, se contredisent, ou sont impossibles à optimiser techniquement ou financièrement… c’est là tout l’art de la concertation, de la négociation et du juste compromis qui permettent de tenir le parti pris qualitatif du projet …

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